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L’allergie cutanée sans allergène |
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Le syndrome de Netherton est une maladie génétique rare et sévère, caractérisée par une desquamation excessive et des allergies multiples. Une équipe de chercheurs dirigée par Alain Hovnanian (unité Inserm 563, Toulouse) avait déjà montré que cette maladie était due à des mutations du gène SPINK5, codant pour la protéine LEKTI (lympho-epithelial Kazal-type related inhibitor), un inhibiteur de protéases. L’absence de LEKTI entraîne le détachement prématuré de la dernière couche de l’épiderme, la couche cornée, par perte de contrôle de l’activité des protéases impliquées dans la desquamation. Les patients se retrouvent privés de leur barrière cutanée, ce qui les expose à une déshydratation rapide en période néonatale et à la pénétration de bactéries et d’allergènes. Les chercheurs viennent de démontrer que l’initiation des réactions allergiques cutanées chez les patients est en fait indépendante de la perte de la fonction barrière. Une des protéases incontrôlée de la desquamation, la kallikréine 5 (KLK5), joue un double jeu et induit la production d’une cytokine spécifique de l’allergie, TSLP (thymic stromal lymphopoietin). Cette dernière active le système immunitaire de la même façon que le ferait l’entrée d’un allergène à travers la peau, mais en l’absence de tout stimulus exogène. Ces travaux démontrent ainsi pour la première fois qu’un défaut de contrôle de l’activité d’une protéase peut entraîner à lui seul la réaction allergique cutanée observée chez les patients. Ils établissent aussi un lien direct entre le déséquilibre protéase-inhibiteur et l’initiation des phénomènes allergiques, indépendemment de la perte de la fonction de barrière cutanée. Briot A, et al. J Exp Med 2009 ; 506 : 1135-47
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