| La mortalité maternelle à la loupe |
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Bien que, au niveau européen, la France se situe en tête en matière de natalité et de fécondité, chaque année, plus de 70 femmes décèdent de leur grossesse ou de ses suites. Outre le fait que leur nombre reste certainement sous-estimé, la moitié de ces décès pourraient être évités. C’est le constat d’un travail mené par Marie-Hélène Bouvier-Colle et ses collègues de l’unité Inserm 953 "Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants", avec le Comité national d’experts sur la mortalité maternelle, et publié par l’Institut de veille sanitaire (InVS), dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 19 janvier 2010/n°2-3.
Rien ne prédestinait Marie-Hélène Bouvier-Colle à être responsable de l’enquête nationale sur la mortalité maternelle. En effet, cette épidémiologiste et directrice de recherche à l’Inserm fait, dans un premier temps, des études d’histoire et de géographie. C’est d’ailleurs grâce à cette dernière discipline qu’elle a mis le pied à l’Inserm, dans les années 70, pour participer à une étude sur l’état de santé de la population en France. Le sujet lui semblant pertinent, Marie-Hélène Bouvier-Colle décida de poursuivre ses études en démographie puis se lança dans une thèse sur la relation entre activité professionnelle féminine et état de santé.
Parallèlement à ses études, elle continuait de travailler comme boursière à l’Inserm où elle était associée à des enquêtes épidémiologiques. « C’était le tout début de cette science en pleine expansion, raconte Marie-Hélène Bouvier-Colle. Très vite, je me suis intéressée aux problèmes de santé humaine, leurs différences entre groupes de population, leurs déterminants : mes connaissances en démographie m’ont permis d'intégrer une unité Inserm, puis d’être coresponsable d’une vaste étude épidémiologique sur la mort subite du nourrisson. C’est ainsi que j'en suis venue à travailler sur la santé des femmes et des enfants, thématiques que je n’ai pas quittées depuis. »
Les différentes observations de ce comité entre 2001 et 2006 ont permis d’établir un constat détaillé des décès maternels en France. Le rapport a été rendu public le 19 janvier dernier. Il comporte un certain nombre de recommandations visant à améliorer la qualité des soins.
Marie-Hélène Bouvier Colle présente les résultats de l'enquête épidémiologique des morts maternelles en France 2001-2006
Olivier Frégaville-Arcas(01/02/2010)
Pour en savoir plus
Consulter le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'InVS
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